Plus de bio dans nos cantines et restaurants : l’Europe avec nous ?
Cette année, la Journée Européenne du Bio met à l’honneur une thématique qui nous tient à cœur chez Bio Consom’acteurs : la restauration, et plus précisément, la restauration collective.
Cantines bio : chez Bio Consom’acteurs, on y travaille !
Si vous nous suivez depuis quelques temps, vous n’êtes pas sans savoir que notre cœur de métier, (en plus de nous mobiliser pour le vivant sous toutes ses formes), c’est surtout de sensibiliser. Nos équipes interviennent depuis des années auprès des collectivités et de leurs écoles pour mettre plus de bio dans tous les menus et à toutes les sauces. Parmi ces actions, une a particulièrement sens à nos yeux : donner à la filière bio des débouchés, notamment au travers de la restauration collective.
Pour ce faire, nous intervenons auprès des élèves (écoles maternelles, primaires, collèges et lycées) et offrons des formations aux chefs de cantine. Une action qui nous mène régulièrement dans les salles de classe et nous permet d’être au contact direct des primo-concerné·es. Parce que l’accès à une alimentation saine, locale et équitable nous concerne toutes et tous et a un impact direct sur notre santé.
Plus de bio dans les cantines : super, mais concrètement ?
Ces actions de sensibilisation, nous ne pouvons pas les mener seul·es. C’est pourquoi nous travaillons main dans la main avec d’autres associations pour promouvoir une agriculture paysanne, à la fois bonne pour la santé et bonne pour l’environnement.
Récemment, nous avons cependant été confronté·es à un triste constat : malgré de bonnes intentions affichées avec la loi EGAlim, l’État français ne respecte pas ses propres engagements, pas même dans ses propres restaurants collectifs. Pour rappel, cette loi, votée en 2018, prévoit d’imposer dans la restauration collective au moins 50 % d’aliments durables et de qualité — dont 20 % de produits bio.
Or, tout d’abord, les contrôles sont rares, pour ne pas dire inexistants. Pas de contrôle, donc pas de sanction, donc pas d’incitation claire à respecter ces quotas. Les cantines sont pourtant tenues de déclarer leurs achats sur la plateforme « Ma Cantine ». Seules 40 % d’entre elles le font réellement. Parmi celles-ci, seulement 44 % atteint l’objectif de 20 % de produits bio.
En France, l’État doit encore respecter ses propres objectifs
Côté « cantines de l’État », ce n’est gère mieux, malgré le devoir d’exemplarité dont on aimerait que l’État s’empare plus souvent. Le constat est sans appel et même dans les cantines de l’État, EGAlim n’est pas respectée : seulement 13 % des aliments servis y sont issus de l’agriculture biologique pour 34 % d’aliments considérés durables.
Au regard de ces résultats, nous avons donc déposé une demande préalable adressée au Gouvernement. Notre but ? En formant une coalition d’associations avec Notre Affaire à Tous, Générations Futures, Agir pour l’environnement et le Collectif Les Pieds dans le Plat, nous souhaitons faire entendre nos voix et demander à l’État qu’il applique ses propres lois.
Et en Europe alors : quelles réglementations pour la bio dans nos assiettes ?
À l’échelle européenne, l’objectif est de porter la part des terres agricoles consacrées à l’agriculture biologique à 25 % d’ici 2030, contre environ 11 % aujourd’hui. Mais cet objectif commun ne constitue pas un quota obligatoire pour chaque État membre : certains pays vont plus loin que d’autres, notamment en fixant leurs propres objectifs et en soutenant la demande de bio, notamment dans la restauration collective (le nerf de la guerre, on vous dit !). Et là, forcément, certains États font plus d’efforts que d’autres pour la transition :
- En Suède, l’ambition porte à la fois sur les terres agricoles et les cantines. Le pays s’est fixé pour 2030 un objectif de 30 % de terres agricoles certifiées bio et de 60 % de produits bio dans la consommation alimentaire publique. Une politique qui fait de la commande publique un véritable levier pour soutenir les filières bio.
- L’Italie, quant à elle, mise particulièrement sur ses cantines scolaires. Son dispositif national de restauration scolaire biologique prévoit différents niveaux d’exigence, avec jusqu’à 90 % de produits bio pour certaines catégories d’aliments dans les cantines certifiées au niveau le plus élevé, et 100 % pour les œufs, yaourts et jus de fruits. Le pays fait ainsi de l’alimentation des enfants un levier concret de développement du bio. On serait presque jaloux·ses…
- L’Allemagne, enfin, s’est fixée un objectif national de 30 % d’agriculture biologique. Le pays cherche également à augmenter la part de produits bio dans la restauration collective publique : les cantines fédérales font notamment l’objet d’un programme visant à augmenter progressivement leur approvisionnement en bio. En 2023, les cantines concernées affichaient en moyenne 13,2 % de produits bio, avec des expérimentations allant jusqu’à 50 % dans certains établissements.
Derrière l’objectif européen commun, les stratégies diffèrent donc : objectifs de surfaces agricoles, soutien à la commande publique ou obligations spécifiques dans les cantines. Autant de leviers qui peuvent contribuer à faire passer le bio de l’intention à l’assiette. Et qu’on aimerait bien voir concrètement appliquées chez nous !