Stop aux idées reçues : « La bio, ce n’est pas meilleur pour la santé »

La bio, pas meilleure pour la santé ? On débunke les idées reçues !


Tous les mois, Blanche Lafaurie prend la plume pour faire la peau aux idées reçues sur la Bio dans la rubrique «  Stop aux idées reçues » du magazine Bio Contact. Retrouvez ici son article mensuel, plus que jamais nécessaire dans un monde ou les fausses informations sont devenues l’un des principaux freins à la transition agricole et alimentaire.

Paru en septembre 2026 dans le magazine Bio Contact

Lire l’article sur le site de Bio Contact


« LA BIO, CE N’EST PAS MEILLEUR POUR LA SANTÉ »

Les études concernant les bénéfices des aliments Bio sur la santé humaine demeurent peu nombreuses et relativement discrètes, mais n’en sont pas moins à leur avantage… D’autant plus qu’il s’agit de considérer l’ensemble des santés – humaine, environnementale et animale.

Santé humaine

Dès 2014, le British Journal of Nutrition publie une étude prouvant que la concentration de pesticides dans les fruits bio est 4 à 7 fois moins élevée qu’en agriculture industrielle (dite « conventionnelle »). Cette même étude souligne que les aliments bio contiennent plus d’antioxydants1, ce qui implique la réduction des risques de cancers, notamment du sein, de maladies cardiovasculaires et de diabète.

Un rapport de l’INSERM, mené par l’épidémiologiste M. Gerber, estime la qualité nutritionnelle des aliments biologiques supérieure de 30% à celle des produits non-bio. Plusieurs études se sont plus particulièrement penchées sur la santé des ouvrier·es agricol·es en exploitation non-bio. Sans surprise, ces dernier·es courent davantage le risque de développer des cancers de la prostate, de l’ovaire, du poumon et des mélanomes ainsi que des tumeurs cérébrales. Compte tenu de l’exercice du métier d’agriculteurice, il s’agit de préciser que d’autres facteurs aggravent ces risques – l’exposition au soleil, la pénibilité, la sécheresse, etc.

Toujours est-il que l’alimentation bio est meilleure pour la santé humaine que l’alimentation non-bio.

Santé environnementale

Puisque c’est de celle-ci que dépendent les autres, il est essentiel d’agir en sa faveur, ce que fait l’agriculture bio. Au-delà du simple objectif de préservation, ses pratiques permettent de restaurer plusieurs écosystèmes. La présence de haies permet notamment l’accueil de différentes espèces essentielles à la protection des cultures luttant ainsi contre leur lente agonie (1).

Les émissions carbone de l’agriculture, monumentales (2), sont largement maîtrisées et réduites en agriculture biologique : planter des légumineuses permet de réduire les émissions de protoxyde d’azote en le fixant dans le sol, permettant en outre de le fertiliser. Cette « séquestration » du carbone, pour reprendre les mots de l’Agence Bio, est permise par la rotation des cultures, la présence des haies, la conservation des jachères et l’élevage en plein air.

Santé animale

L’agriculture biologique met un point d’honneur à respecter le « bien-être » de l’animal élevé. Il bénéficie d’une alimentation Bio, variée, équilibrée et garantie sans OGM. Privilégiant la prévention à la guérison, l’élevage biologique stimule les défenses naturelles des animaux et respecte les conditions, notamment climatiques, nécessaires à leur existence. La santé animale est ainsi largement préservée par l’agriculture biologique.

Confirmant ce qui devrait être une intuition du coeur, il apparait donc que la Bio, de sa production à sa consommation, est meilleure pour l’ensemble des santés qui gouvernent nos existences.

Blanche Lafaurie, pour Bio Consom’acteurs

(1) Rappelons par exemple que ces 20 dernières années la population de hérissons a diminué de 70%. Sur la Liste rouge de l’UICN, ils sont depuis 2024 en « quasi disparition ». Les causes ? Désherbants, produits chimiques anti-limaces, exploitations industrielles massives, « méga projets »…

(2) « En 2018, l’agriculture est le deuxième secteur émetteur de gaz à effet de serre », https://saoneetloire.chambres-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/232_chambre_dagriculture_de_saone-et-loire/6-Documents/Attenuer_les_rejets_de_gaz_a_effet_de_serre.pdf

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