Le muguet du 1er mai, really ?
Le muguet, symbole et conséquences
Pourquoi le 1er Mai voit fleurir des brins de muguet – et que nous coûte la production de ces symboles pétainistes ?
A en croire les commerces et les étals qui fleurissent sur rues bétonnées, le 1er mai rime dorénavant davantage avec « muguet » qu’avec « droit des travailleurs et des travailleuses »… D’où vient cette tradition des petites cloches blanches et de quoi sonnent-elles le glas ?
Avant que le muguet ne lui vole la vedette, c’était l’églantine rouge qui régnait sur le 1er Mai. Accrochée à la boutonnière, elle symbolisait la reconnaissance du mouvement social ouvrier, permettant aux travailleurs et travailleuses de se reconnaître lors du défilé annuel. C’est le maréchal Pétain, qui décidément ne brillait pas par son sens des priorités, qui exigea que l’églantine fut remplacée par le muguet. Le blanc consensuel et pacifiste de ce dernier valait mieux que le rouge communiste de l’églantine, qui rendait par ailleurs hommages aux ouvriers et ouvrières fusillé.es à Fourmies le 1er Mai 1991. Dans le même temps fut officialisée l’appellation “Fête du Travail”, dépolitisante à souhait et évidente récupération d’une journée d’hommage tragique et de symbole ouvrier par les élites au pouvoir.


Et cette tradition du muguet, pétainiste et antisociale donc, ne se limite pas à ces tares : elle est en plus une énième plaie écologique !
De manière générale, cette fleur a des besoins très importants en eau et ne fleurit qu’à sa troisième année passée sous serre. Cette période de culture est donc rythmée, au cours de l’été, par un arrosage quotidien, accompagné d’une grosse charge d’engrais… plus ou moins naturels.
De production locale (essentiellement dans la région de Nantes), les brins de muguet sont ensuite entassés dans des camions frigorifiques pour desservir les quatre coins de la France.
A ces besoins naturels et de transport s’ajoute la contrainte qui les réunit tous les deux : la temporalité. Ces brins de muguet sont en effet soumis à une condition difficilement contournable : c’est le 1er mai que la France veut son muguet et ce n’est pas négociable, sans quoi – hélas, trois fois hélas – la tradition se perdrait.
Alors, on fait quoi ? Chez Bio Consom’acteurs, nous proposons de prendre conscience de ce que les traditions ont d’anti-social, de néfaste (et de pétainiste) et de nous en extraire illico ! Le 1er mai n’est pas une « fête du travail », mais une date historique de mobilisation pour les droits des travailleurs et des travailleuses – exploité.es par un capitalisme qui n’est justifié que par une course effrénée au profit.
Alors, cet article vient peut-être un peu tard… mais sera d’actualité tous les 1er Mai à venir !