Nos recos bio de juin

Nos recommandations du mois de juin

Des « on a aimé » qui invitent au recul, à la critique, à l’anticipation, mais aussi au jeu !

Julien : Le Gang de la clef à molette – Edward Abbey

Au milieu du désert de l’Ouest américain défiguré par les projets industriels et les panneaux publicitaires, 4 personnages se révoltent contre la « machine ». Le début pose le cadre avec l’effondrement (le sabotage) d’un pont dont les coupables seraient tout trouvés… Panique chez les industriels et chez agents fédéraux ! D’abord, séparément, on suit leur cheminement de pensée et leurs premières actions, un panneau de publicité abattu, des regards insistants sur un barrage… Ce petit groupe passe à l’acte et commence à détruire ponts, routes et voies ferrées qui défigurent le désert. Armés de clefs à molette et de quelques bâtons de dynamite, ils doivent affronter les représentants de l’ordre et de la morale lancés à leur poursuite. La qualification des actes change : « Actes gratuits ? « Écologistes radicaux » ? « Écoterroriste » ? « Terroristes » ? Commence alors une longue traque dans le désert. Ce livre, riche en vocabulaire est un ovni qui rentre dans la psychologie profonde des résistant.es et dresse un tableau inattendu d’une Amérique profonde lassée de voir son environnement étranglé par l’industrie… une source d’inspiration ?

Marion : La zone indigo – Melody Mourey – théâtre des Béliers

Après le coup de cœur que fut Big Mother, je suis allée voir la nouvelle pièce de Mélody Mourey : Zone Indigo. Ce véritable thriller d’anticipation écologique nous embarque dans une enquête haletante où les découvertes scientifiques se mêlent aux enjeux politiques et environnementaux. La mise en scène est incroyable et maintient le suspens tout au long du spectacle, avec tout de même une bonne dose d’humour qui contrebalance la noirceur des sujets abordés. Portée par une troupe de comédien·nes talentueux, la pièce interroge avec intelligence notre rapport au vivant et les choix auxquels nous pourrions être confrontés dans un avenir proche. Une expérience aussi passionnante que dérangeante que j’ai eu grand plaisir à partager en famille.

Julie : Obésité infantile, la course aux profits, un documentaire de Pablo Deus Bouzon

Avec plus de 400 millions d’enfants concernés dans le monde, l’obésité infantile est devenue une crise sanitaire majeure, c’est une pandémie mondiale. Ce documentaire éclairant montre que ce phénomène ne peut être réduit à une question de responsabilité individuelle : il est aussi le résultat d’un système alimentaire dominé par les intérêts de l’agro-industrie.

Aliments ultra-transformés, marketing agressif ciblant les plus jeunes, omniprésence des écrans et modes de vie de plus en plus sédentaires : le film met en lumière les multiples facteurs qui contribuent à cette pandémie. Il met en lumière l’impact des grandes entreprises agroalimentaires et l’influence de leurs lobbies sur le ralentissement des politiques de prévention et dans l’empoisonnement massif de la population mondiale. Le lobby de l’agro-industrie est puissant, et en voici les conséquences …

La jeune génération est la première, dans l’histoire contemporaine, à être en moins bonne santé que celle de ses parents et à jouir d’une moins bonne espérance de vie.

Sans culpabiliser les familles, Obésité infantile, la course aux profits rappelle l’urgence d’agir collectivement pour mieux protéger les enfants, de sensibiliser la population à une alimentation saine, à encadrer la publicité pour la malbouffe ciblant les enfants et garantir à toutes et tous l’accès à une alimentation de qualité. Un documentaire nécessaire, qui fait de la santé publique un véritable enjeu démocratique.

Jean-Baptiste : Takenoko, un panda, des bambous et beaucoup de mauvaise foi

Cette fois-ci, on délaisse les livres et les salles de cinéma pour vous parler d’un jeu de société qui a déjà animé de nombreuses soirées : Takenoko.

Dans ce jeu au design aussi soigné que coloré, les joueur·euses se retrouvent responsables d’un jardin japonais où il faut faire pousser des bambous tout en nourrissant… un panda particulièrement gourmand. Le défi consiste à trouver l’équilibre entre l’aménagement du jardin, la croissance des plantations et l’appétit insatiable de notre mascotte noir et blanc.

Accessible, rapide à prendre en main et magnifiquement illustré, Takenoko est le genre de jeu qui plaît aussi bien aux habitué·es des jeux de société qu’aux personnes qui jouent plus occasionnellement. Derrière son apparente simplicité se cache une vraie dimension stratégique, avec juste ce qu’il faut de hasard pour provoquer quelques rebondissements et débats autour de la table.

Un jeu qui nous rappelle qu’entre un jardinier consciencieux et un panda affamé, la préservation de la biodiversité n’a jamais été de tout repos…

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