Aurélie, bénévole – Bookmakers, le making-of de la littérature de Richard Gaitet, ARTE Radio | Baptiste Morizot

Baptiste Morizot interviewé par Richard Gaitet sur Bookmakers : on en rêvait, ils l’ont fait ! L’auteur du fascinant Manières d’être vivant (Actes Sud, 2020), ce « philosophe qui fait des cartes pour altérer le cours de la réalité1 », revient dans ce podcast sur son parcours, son arrivée à la question écologique par des chemins de traverse, ses idées et son travail d’écriture. Ces trois épisodes laissent entrevoir un homme d’une intelligence et d’une sensibilité passionnantes qui nourrit nos réflexions et nous invite à enrichir nos rapports au vivant.
Son approche non simplificatrice, servie par des termes précis et ancrée dans une réalité de terrain où les relations sont essentielles, est partagée avec légèreté et bonne humeur. Une manière d’aborder des sujets sérieux et primordiaux sans plomber l’audience. Morizot nous fait réfléchir aux mots « vivant », « nature » et « prédation » ; il nous donne envie de lire les publications des éditions Wildproject, les écrits de Val Plumwood et de Bruno Latour ; il redonne tout leur lustre au beau et à l’émerveillement, bien loin d’être superficiels ou décorrélés des luttes – au contraire.
Cet écrivain qui déclare « [l]’une des mes passions les plus actives c’est l’admiration2 » pourrait bien susciter la vôtre, d’admiration !
→ Trois épisodes (Baptiste Morizot : sa tanière d’être, Baptiste Morizot : pense avec les loups et Baptiste Morizot : pleure-moi une rivière) à retrouver sur ARTE Radio et d’autres plateformes d’écoute.
Blanche – Overshoot, Résister à l’idéologie du dépassement, Wim Carton et Andreas Malm, éditions La fabrique

Dans cet ouvrage, écrit en 2023 et sorti en 2026, here we are : la Terre a atteint un réchauffement de 1,5 °C ! Ce chiffre, c’est ce que l’accord de Paris, signé en 2015, s’engageait à éviter. Ce chiffre, c’est celui que nous dépassons aujourd’hui en prenant (pas si) tranquillement mais (très) sûrement la direction du +2°C. Mais ce chiffre, sous la plume d’Andreas Malm et de Wim Carton, c’est aussi l’illustration d’une société qui s’engage à éviter le pire, le caractérise ensuite d’inévitable puis le rend désirable. Comment les discours d’engagement des États sont-ils façonnés pour que le pire devienne, non seulement profitable mais désiré ? Dans les dynamiques capitalistes et ultra-libérales qui gouvernent nos sociétés occidentales contemporaines, comment faire front et s’élever face à l’idéologie du dépassement qui sous-tend les politiques ? Cette idéologie du dépassement est une cloche invisible au-dessus de nos tête qui retarde voire rend impossible toute action en faveur du climat. Les intérêts du capital fossile, en revanche, sont maintenus au rang de priorité. C’est un ouvrage qui ne se résume pas, ou très difficilement, mais qui m’a marquée par sa richesse et sa complétude.
Je suis beaucoup moins familière de Wim Carton, mais comme toujours Andreas Malm nous plonge au cœur d’une pensée rigoureuse et scientifique qui mêle analyses économiques, sociales et environnementale. Pas tout à fait accessible, ce livre s’impose néanmoins comme l’une des fondation d’une pensée non-soumise. Je vous invite à le lire, à en faire un arpentage… et à résister !
Julie – Parc de Bagatelle

Qui a dit qu’il n’y avait pas d’espaces verts à Paris ? Ces derniers week-ends, je me suis mise à explorer les parcs autour de la capitale. Après le parc Floral à Vincennes, j’ai découvert le parc de Bagatelle, à Boulogne. En ce moment, les floraisons de printemps sont superbes, mais c’est surtout l’ambiance qui m’a marquée : des petits ponts, des rochers, des grottes, des miroirs d’eau, quelques cascades… tout s’enchaîne sous de grands arbres, avec quelque chose d’assez dépaysant. Entre le bassin des Nymphéas, les jardins d’iris ou de rosiers et les allées très calmes, on oublie facilement qu’on est à Paris.
Et puis il y a les paons, partout, qui se baladent tranquillement, j’en ai même vu un albinos, assez impressionnant. On croise aussi des canards et des poules d’eau qui protègent leurs nids, un peu cachés dans la végétation. Pour 2,80 €, je me suis retrouvée presque seule dans ce jardin chargé d’histoire, né d’un pari entre Marie-Antoinette et le comte d’Artois, construit en à peine soixante-quatre jours. Aujourd’hui, le lieu reste à la fois très soigné et riche côté botanique, avec notamment sa roseraie. Franchement, une très bonne idée de balade le week-end, que je recommande sans hésiter.
Julien – La Bibliothèque digitale Lobbycratie

Contacté il y a plus d’un an sur le sujet, j’ai eu la chance de suivre la mise en place de cette base de données regroupant plus de 2000 études : https://lobbycratie.com/
Issu d’un collectif de citoyen·nes, cet outil propose de répertorier les études scientifiques sur l’impact des pesticides sur la santé humaine et animale. Il est collaboratif et il invite la communauté scientifique à le compléter. Une avancée majeure pour les associations, collectifs ou citoyen·nes qui veulent s’investir à partir des données scientifiques solides face désinformation permanente sur ces sujets. Oui, les pesticides sont un danger pour l’environnement et pour la santé. Dire cela, c’est se baser sur des faits indiscutables. Marteler l’inverse, c’est répéter les discours financés des lobbyistes. Et à ce petit jeu, le gouvernement est très fort…
Emparons-nous de cette bibliothèque constituant une arme face aux discours pro-pesticides ou remettant en cause le danger qu’ils représentent !
JB – La Maison des femmes, de Mélisa Godet

Inspiré d’une structure bien réelle qui accueille des femmes victimes de violences, La Maison des femmes est un film profondément humain et nécessaire. Pour un premier long métrage, Mélisa Godet signe une œuvre juste, sensible et engagée, qui parvient à aborder des sujets difficiles sans jamais tomber dans le sensationnalisme.
Le film nous fait entrer dans le quotidien d’un lieu de soin et d’écoute réservé aux femmes où se croisent des trajectoires de vie fragilisées mais aussi des élans de courage et reconstruction. Ce qui frappe rapidement, c’est l’équilibre trouvé entre gravité et respiration. Les souffrances sont présentes, oui, mais elles n’écrasent jamais le récit. L’humour, la solidarité et la force collective occupent une place essentielle. La forme chorale fonctionne particulièrement bien. Les histoires s’entremêlent sans hiérarchie artificielle et donnent à voir la diversité des situations vécues par les patientes comme par les équipes qui les accompagnent. On ressent par ailleurs une rigoureuse attention portée constamment à la dignité des personnages. Le casting participe largement à cette réussite. Les interprètes incarnent leurs rôles avec une grande justesse et donnent une présence très concrète à ces parcours souvent invisibilisés. C’est un film sincère, percutant et accessible à la fois, que je ne saurai que trop vous recommander de foncer le voir !
1Gaitet, R. (2026) Baptiste Morizot : sa tanière d’être (1/3). Bookmakers [podcast]. 19 février. 23:56. Disponible sur : https://www.arteradio.com/son/baptiste-morizot-sa-taniere-d-etre-1-3 [Consulté le 20 avril 2026].
2Gaitet, R. (2026) Baptiste Morizot : pense avec les loups (2/3). Bookmakers [podcast]. 19 février. 15:52. Disponible sur : https://www.arteradio.com/son/baptiste-morizot-pense-avec-les-loups-2-3 [Consulté le 20 avril 2026].