Une tribune pour faire entendre la voix des plus jeunes
Après une première mobilisation réussie qui a su fédérer et rassembler plus de 130 000 personnes à travers la France le samedi 26 septembre, le mouvement initié cet été continue. Pas prêt de s’arrêter en si bon chemin pour faire valoir les droits et revendications des citoyen·nes en matière de justice climatique et sociale. Une cause qui nous tient à cœur chez Bio Consom’acteurs, parce que, rappelons-le, une alimentation durable, accessible à tous·tes ne pourra pas se faire dans un monde en feu.
Cet Appel a été lancé à l’initiative de Bio Consom’acteurs et proposé au mouvement du 26 septembre.
Pour continuer le mouvement initié par plusieurs membres de l’association au cœur de l’été, de ce premier été du reste de nos vies, notre cri du cœur souhaite trouver écho auprès des générations directement concernées par le réchauffement terrible qui va advenir dans les années à venir.
Après un été marqué par des salles de classes surchauffées, des élèves en souffrances et victimes de malaises, des incendies et d’interminables canicules, il est grand temps d’interroger les conditions de vie de nos enfants, et la façon dont ils ressentent directement les changements climatiques.
Ils et elles ont 8, 11 ou 13 ans, et sont déjà les premières victimes de l’inaction de nos gouvernements en matière d’environnement et de protection du vivant. Parce que malheureusement, les jeunes ont conscience de plus en plus tôt de l’état dans lequel leur est livrée la planète que nous sommes censé·es toutes et tous habiter, nous pensons qu’il est primordial de leur donner la parole et de ne pas les laisser en dehors du débat. Qu’on le veuille ou non, les jeunes générations sont déjà frappées de plein fouet par les questions environnementales.
« Cet été, il a fait trop chaud, surtout à l’école. En classe, c’était horrible : on n’en pouvait plus, on n’arrivait plus à travailler, on ne pouvait plus écrire. »

Porter la voix des enfants jusqu’à l’hémicycle
Le climat se fera avec les plus jeunes ou ne se fera pas. D’ailleurs, il n’y a qu’à constater : dans l’hémicycle, où la moyenne d’âge est de 52 ans pour les député·es, les lois climaticides continuent de passer. En parallèle, l’éco-anxiété n’attend pas la majorité à 18 ans pour se déclarer : 45 % des jeunes européens âgés de 16 à 25 ans ont déclaré que l’éco-anxiété avait un impact significatif sur leur vie quotidienne en raison de l’anxiété et de la détresse qu’elle engendre (The European House – Ambrosetti, 2023). Les plus jeunes restent quant à eux peu étudié·es, mais les travailleur·euses de l’enfance en attestent : l’éco-anxiété atteint de plus en plus les enfants, notamment lorsqu’ils sont directement témoins d’événements climatiques intenses.
Pour écrire cette tribune, plusieurs familles avec enfants ont interrogé les plus jeunes. Une conversation initiée pour tendre la main et le micro à celles et ceux qui sont trop souvent laissé·es hors du débat en raison de leur jeune âge. Or, les réponses obtenues sont sans appel : nos enfants sont bien plus lucides que l’on pourrait le croire sur la question du changement climatique et des politiques qui ont mené au désastre.
Le 14 novembre, pendant la journée internationale choisie pour relayer l’action pour le climat et la défense des droits des enfants, cette tribune trouvera naturellement sa place. Nous sommes là pour lui donner un écho supplémentaire, et encourageons tous les enfants à s’en emparer.
« Cet été on a eu peur. Peur des incendies : on ne se sentait pas en sécurité. Peur qu’il n’y ait plus d’eau, et que ce soit pire les années prochaines. Peur de ne pas pouvoir manger à notre faim. Peur que notre maison prenne feu. Peur pour les animaux et pour nous. »
L’agriculture biologique : un levier naturel pour une planète habitable
La question centrale et la raison d’être de cette tribune, c’est évidemment celle de l’habitabilité de la planète par les jeunes générations. Chez Bio Consom’acteurs, nous pensons sincèrement que la transition vers une agriculture paysanne, biologique, locale et accessible fait partie des clés pour garantir la santé de tous·tes. C’est pourquoi nous travaillons depuis des années avec les écoles, collèges et lycées pour sensibiliser les enfants à l’agriculture biologique. En plus de ça, nous formons des élu·es et des chefs de cantine. C’est tout le cœur de notre campagne « Plus de Bio sur mon plateau », et c’est aussi cette proximité avec les plus jeunes qui rend cette tribune si précieuse à nos yeux.