Qui était Rachel Carson, l’autrice de Printemps Silencieux ?

Qui était Rachel Carson, l’autrice de Printemps Silencieux ?


Passion nature et ornithologie

Rachel Carson n’a pas attendu que le Bird Watching devienne une trend chez les millenials pour passer une bonne partie de sa vie les yeux rivés sur le ciel. Née le 27 mai 1907 dans une ferme de la Pennsylvanie (USA, my dude), Rachel grandit au contact de la nature, notamment grâce à sa mère, qui lui transmet le goût du grand air. Petite, Rachel Carson rêve de devenir écrivaine. Elle entre à la fac quelques années plus tard avec la même ambition, mais un cours de biologie va la faire changer de voie.

Au final, elle obtiendra un Master en zoologie, et débutera une carrière prometteuse au Bureau des Pêches américain quelques années plus tard. Là, elle s’occupe notamment d’un programme radiophonique de vulgarisation scientifique. Passionnée par la vie marine, elle publie son premier livre, Sous le vent de la Mer, (Under the Sea-Wind en anglais — et non, Garou et Céline n’avaient rien à faire là-dedans), en 1941. Elle réitère en 1951 et en 1955 avec La mer autour de nous et The edge of the Sea, et s’impose lentement mais sûrement comme écrivaine scientifique de référence.

Pionnière dans la lutte contre les pesticides

Fine observatrice de la faune, et, on le rappelle, fille de fermiers, Rachel Carson s’inquiète dès les années 50 des nouvelles pratiques agricoles, parmi lesquelles… le recours aux pesticides de synthèse. À l’époque, le DDT (dichloro-diphenyl-trichloroethane de son petit nom), est employé massivement dans les champs pour tuer les insectes porteurs de la malaria. Rachel Carson décide de prendre sa paire de jumelle et son stylo, et commence à enquêter sur les effets de cet insecticide sur les oiseaux, les insectes, les milieux aquatiques et, plus largement, les écosystèmes. Elle se met à compiler différentes études, qui vont toutes dans le sens d’un encadrement nécessaire du DDT.

Son couronnement en tant que militante écologiste (certain·es disent qu’elle est l’une des premières représentantes du mouvement écolo, c’est un peu notre grand-mère à tous·tes) intervient en 1962 avec la publication du désormais célèbre Printemps Silencieux (Silent Spring). Le livre évoque un monde où les oiseaux auraient cessé de chanter, victimes des effets des pesticides. À noter que Rachel Carson ne réclame pas l’interdiction de tout pesticide : elle dénonce leur utilisation indiscriminée et plaide pour une évaluation rigoureuse des risques et la recherche d’alternatives moins dangereuses.

Il n’en faut pas plus pour que le livre subisse une levée de boucliers de la part de l’industrie chimique. Entreprises et représentants de l’industrie chimique l’attaquent et cherchent alors à discréditer sa crédibilité scientifique. Ils la traitent notamment « d’alarmiste » (voyez comme l’histoire se répète). Mais heureusement, ses travaux trouvent aussi des soutiens dans la communauté scientifique. Le président John F. Kennedy (ce bon vieux JFK) demande à son comité scientifique d’examiner la question des pesticides : le rapport publié en 1963 confirme la nécessité de mieux encadrer les risques.

En 1963, alors qu’elle est atteinte d’un cancer du sein, elle témoigne devant le Congrès américain pour défendre la nécessité de politiques publiques protégeant la santé humaine et l’environnement. Son combat devient public, il en est d’autant plus politique.

Rachel succombe en 1964 de son cancer du sein. Elle n’aura pas le temps de voir son combat contre les pesticides aboutir (le DDT sera interdit en 1972), ni la floraison des mouvements écologistes qui lui succéderont, et lui survivent jusqu’à aujourd’hui.

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