« Le label bio, ça ne veut rien dire » ?
Stop aux idée reçues sur la bio !
Sitôt Blanche Lafaurie quittait son poste de chargée de rédaction et de développement chez Bio Consom’acteurs, sitôt elle rejoignait notre conseil d’administration. Sitôt administratrice, sitôt elle reprenait la plume au nom de Bio Consom’acteurs, un exercice qu’elle a pratiqué avec talent pendant deux belles années, pour inaugurer la rubrique « Stop aux idées reçues sur la bio ! » du magazine Biocontact.
Nous vous proposons donc de découvrir ci-dessous le tout premier article de cette rubrique plus que jamais nécessaire, dans un monde ou les fausses informations sont devenues l’un des principaux freins à la transition agricole et alimentaire.
Paru le 26 juin 2026 dans le magazine Bio Contact
Lire l’article sur le site de Biocontact
Le label bio garantit-il vraiment une meilleure qualité ? Découvrez les différences entre Eurofeuille, HVE, Demeter et Bio Cohérence.
Les garanties du label bio
Il existe plusieurs labels bio, mais un seul est officiel et reconnu par l’Union européenne : l’Eurofeuille.
Parmi les garanties qu’il implique, il y a :
– l’interdiction d’utiliser des produits phytosanitaires de synthèse,
– l’obligation d’une période de conversion pour nettoyer les sols,
– l’absence d’OGM,
– un certain respect du bien-être animal (parcours extérieur obligatoire, une alimentation bio, une utilisation des traitements allopathique contrôlée…),
– la mise en place structurelle d’une agriculture respectueuse des sols et de la biodiversité (rotation des cultures, contrôle de l’irrigation et absence de pesticides chimiques),
– un contrôle de l’exploitation mené une fois par an par des organismes indépendants agréés.
Il existe plusieurs labels bio, mais un seul est officiel et reconnu par l’Union européenne : l’Eurofeuille.

Cette labellisation coûte en moyenne 800 euros chaque année – pour une petite exploitation maraîchère – sans compter le temps (et les frais) d’inscription ainsi que les coûts supplémentaires.
Le mieux n’est pas toujours l’ennemi du bien
Néanmoins, certains labels dépassent le cahier des charges régissant l’Eurofeuille. Par exemple, Bio Cohérence entend concilier lutte des classes et agriculture bio en prenant en compte les revenus et conditions de travail des exploitant·es en demande de labellisation bio ; avec un supplément « origine France ». C’est le label qui va le plus loin et qui incarne à lui seul la convergence des luttes.
Demeter, quant à lui, suit de près Bio Cohérence et insiste sur la biodynamie et l’autonomie des fermes. Ni l’un ni l’autre ne bénéficient cependant d’une reconnaissance européenne.
Quand est-ce que « ça ne veut rien dire » ?
Lorsque les labels bios « ne veulent rien dire », c’est qu’ils sont le fruit d’initiatives privées (généralement celles de la grande distribution) et qu’ils ne sont, effectivement, la garantie de rien. Ainsi, les mentions « naturel », « sans pesticides », « artisanal », « petit producteur » et autres éléments de langage ne garantissent pas une production respectueuse – ni de la planète, ni de votre santé.
Et en la matière, HVE (Haute Valeur Environnementale) est reine ! Aujourd’hui, trop de consommateur·ices estiment encore que la certification HVE est un label bio… Loin s’en faut !
Premièrement, la certification HVE concerne l’exploitation agricole, pas le produit qui en est issu : ni la transformation du produit ni sa diffusion ne sont auditées. Deuxièmement, l’utilisation de pesticides et d’engrais de synthèse est « contrôlée »… pas interdite.
Le cahier des charges HVE est très nettement en dessous de celui de la labellisation bio et cette certification tient donc plus à des notions-tiroirs (telles que « durabilité », « responsabilité environnementale », « limitation des dégâts environnementaux », « réduction des risques ») qu’à la mise en place d’une philosophie politique qui place la santé, les ressources et la planète au premier plan.
Blanche Lafaurie, pour Bio Consom’acteurs