Des vacances au camping
Pour fêter l’approche de l’été, nous vous proposons de revenir brièvement sur l’histoire des vacances… et du camping qui continue de séduire des milliers de français.es chaque année !
Aujourd’hui, a fortiori parce qu’il est question de les raccourcir, on les attend, on en profite, elles nous reposent ou nous fatiguent mais constituent souvent un objectif vers lequel on tend : “Vivement les vacances” ! Mais d’où viennent-elles ces vacances – qui tout à la fois excitent, ruinent, détendent, forgent, enchantent et polluent ?
L’histoire des vacances (du latin “vacare”, signifiant « être vide, inoccupé, libre» ) : riches innoccupés, ouvriers et travailleurs
Les congés payés entrainant la généralisation des vacances en France sont une énième chose que l’on doit à l’année 1936 – et au Front Populaire qui l’a marquée. C’est suite à ça que les départs en vacances ce sont démocratisés dans le pays ; mais nous pouvons remonter jusqu’à l’Antiquité pour observer des pratiques qui s’en rapprochaient, évidemment monopolisées par les riches et les élites. Au cours de l’été, lors de la saison caniculaire, la ville sentait trop mauvais, était trop chaude, et les Romains les plus fortunés, allaient déjà s’innoccuper à la campagne.
Les vacances ont ensuite largement été rythmées par le travail agricole, chasse et récolte obligeant les étudiants à faire une pause dans leurs études pour aller aider aux champs. Pour ces vacanciers là, pas question d’innoccupation, de vide ou de liberté.
Les vacances au camping
Le camping comme loisir n’a pas attendu Patrick pour faire son apparition : cette pratique émerge dès la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est néanmoins largement associée au sport et s’impose donc prioritairement aux randonneurs – pédestres ou cyclistes – ou aux canoéistes. Petit à petit, le camping séduit les bourgeois et bourgeoises pour des raisons similaires à nos riches romains de l’Antiquité : fuir la ville et son air pollué.
Enfin sonne 1936 : les congés payés, immense acquis social pour les français.es résident.es, s’accompagnent d’une généralisation de la voiture, entraînant l’explosion du camping en tant que pratique vacancière, et non plus seulement en tant que pratique sportive ou bourgeoise. Face à un tel engouement, l’Union Française des Associations de Camping est créée en 1938, afin d’encadrer les nouvelles professions. Les propriétaires de domaines agricoles sentent à plein nez le “bon filon” et entreprennent de transformer une partie de leurs hectares agricoles en campings. Pour satisfaire le capitalisme gourmand qui gouverne la société et pour exploiter le potentiel de rentabilité de cette nouvelle pratique, le camping sauvage, lui, est largement limité à partir de 1959.
Impacts environnementaux de la pratique
Bien entendu, aucune pratique humaine ne laisse de marbre notre chère et tendre planète et le camping a des impacts significatifs sur celle-ci. Tout d’abord, nous pouvons signaler l’influence néfaste d’une surprésence humaine : si les campeurs et campeuses veulent “se reconnecter à la nature”, cette dernière, elle, s’en serait volontiers passée. Le bruit, les lumières, le passage incessant générés par les camping mettent en danger la faune comme la flore. Les campings non-sauvages doivent se soumettre à des contraintes d’hygiène et de standing nécessitant l’utilisation de produits d’entretiens qui mettent en danger les habitats naturels de la faune locale et qui polluent les eaux et les sols détruisant ainsi la végétation. Les feux de camp et autres barbecues autorisés s’attaquent quant à eux à l’air – dans un joyeux esprit de “ne laissons rien au hasard : polluons tout !”
Enfin, les campings sont très gourmands en ressources (notamment en eau) et même si elles ont le mérite d’être “partagées” (c’est-à-dire nécessairement moins longues) elles sont responsables d’une surconsommation des ressources.
Aujourd’hui, peu de secteurs osent résister à la tendance écologique, telle qu’elle est gracieusement appelée par les consultant.es et autres marketing manager. Ainsi est né, et se développe, le “camping écologique”. Ce dernier est caractérisé par le respect qu’il entretient avec la nature sur laquelle il s’est issé : l’accent est mis sur la vie en commun avec l’eco-système (qu’il ne peut pour autant pas s’empêcher de bouleverser) et non sur le confort et la commodité des prestations qu’il propose.
Activités “santé et bien-être”, ateliers de sensibilisation aux enjeux environnementaux, réduction des impacts, ballades naturalistes et observations guidées de la faune et de la flore sont autant de promesses et de propositions séduisantes.
L’éco-tourisme (ou tourisme éco-responsable) maintient néanmoins des logiques de profits et n’est pas une réponse au sur-tourisme. Si une pratique dite “responsable” de vacances limite les impacts environnementaux, elle demeure néanmoins une nouvelle pratique, donc une pratique supplémentaire et… ajoute au problème qu’elle prétend résoudre.
Mais nous ne sommes pas vaches, et à tout problème structurel nous reconnaissons les responsables (et vous n’en faites pas partie) donc on vous guide sur la meilleure manière de trouver des campings écologiques parce que, quand même, on a le droit au bonheur !
Cherchez des campings labellisés : Écolabel Européen, Clef Verte et Green Globe. Pour en trouver, consultez les sites officiels des labels ou des plateformes spécialisées dans le tourisme durable comme camping-ecologique.com.
Et soyez bien assuré·es que notre Cahier d’Activi’terre ne prendra pas trop de place dans vos tentes ! Soyez aussi assuré·es qu’il vous occupera autant que vos enfants (de 8 ans jusqu’a 99 ans!)