Nos recos bio de novembre

Les recommandations de l’équipe de Bio Consom’acteurs

Rien de mieux qu’un bon podcast, un bon bouquin ou une bonne recette pour s’offrir un peu de réconfort au mois de novembre ! Enfin, du réconfort, ou une bonne dose de culture sur les sujets qui tiennent à cœur à l’équipe de l’asso : l’alimentation, la paysannerie, et tutti quanti.

JB : “Il est où le patron ?“ Chroniques de paysannes, bande dessinée de Maud Bénézit

Je ne peux que vivement vous recommander cette BD que ma collègue Marion m’a offerte il y a de cela quelques mois (merci encore !). Nous suivons Jo, Coline et Anouk, respectivement éleveuse de chèvres, productrice de fromage de brebis et apicultrice qui ont choisi leurs professions par passion mais qui doivent (nécessairement dans une société patriarcale) composer avec les remarques sexistes, préjugés et événements parfois humiliants qui jalonnent leur quotidien.

Tiré de situations réellement vécues par des agricultrices dont l’autrice a réaccueilli les témoignages, cet ouvrage raconte leur combat pour être reconnues comme des professionnelles à part entière, dans un monde professionnel dominé – encore une fois – par les hommes. Avec beaucoup d’humour, Maud Bénézit nous montre comment l’entraide et la solidarité féminine (et féministe) permettent de prendre du recul, de trouver des réponses et des allié.es face au sexisme dit « ordinaire ».

Mais la BD raconte aussi l’attachement sincère et profond de ces paysannes à leurs métiers, aux êtres vivants et à la nature. Une invitation à regarder autrement celles qui font vivre la campagne, et à défendre une agriculture paysanne juste, équitable et féministe.

Julie : Aliments ultratransformés : dans les arrière-cuisines des industriels, Cash Investigation

Réalisé par Eugénie Yvrande, Présenté par Élise Lucet, Production : PREMIERES LIGNES TELEVISION 

J’ai beaucoup aimé ce reportage de Cash Investigation, particulièrement complet, qui explore de nombreux enjeux actuels à la croisée de l’alimentation et de la santé. Ce sont des sujets qui me tiennent à cœur : permettre à chacune et chacun de comprendre ce qu’il mange, de faire des choix éclairés et de ne pas tomber dans les pièges de l’industrie agroalimentaire. Aujourd’hui, en France, les aliments ultratransformés représentent 35 % des calories consommées par les adultes et jusqu’à 46 % chez les enfants. Un constat qui rappelle à quel point il est essentiel de mieux informer les mangeurs et mangeuses sur ce qu’ils et elles mettent dans leur assiette.

Ce reportage met aussi en lumière les stratégies des industriels pour contourner les règles, influencer les politiques publiques et semer le doute sur les travaux scientifiques qui questionnent leurs produits. Merci au Nutri-Score d’exister : il faut le rendre obligatoire pour donner à toutes et tous les moyens de comparer les produits et de choisir en connaissance de cause ! Et merci aux scientifiques qui travaillent sans relâche sur les liens entre alimentation et santé, et qui se battent pour que leurs recherches éclairent le débat public. Parce que bien manger ne devrait pas être un privilège, nous devons défendre une information transparente et un système alimentaire qui place la santé de toutes et tous avant les intérêts économiques.

Aurélie (Bénévole) : Kit de démarrage cadmium : les podcasts « Alerte au cadmium, un métal lourd de conséquences pour la santé » et « Cadmium : la recherche veille au grain » 

C’est au détour d’une vidéo de Céline Séris (Iznowgood) que j’ai été lancée sur la piste du cadmium1. Environ deux heures d’écoute plus tard, je cernais mieux les multiples problèmes causés par ce métal lourd auquel sont particulièrement exposé·es les Français·es, en premier lieu via l’alimentation. Cette dernière est notamment contaminée par des engrais phosphatés miniers riches en cadmium, qui s’ajoutent au cadmium plus ou moins naturellement présent dans les sols.

Si l’on ne peut faire le tour d’une question en si peu de temps, l’écoute ces deux podcasts complémentaires évite une simplification excessive et éclaircit ce sujet touchant à la santé, à l’agriculture ou encore à la (géo)politique, entre autres aspects. De cause à effets propose une entrée en douceur dans le thème, puis La Science, CQFD vient apporter une touche de technicité.

L’intention n’est pas de virer à l’obsession autour de ce métal et de notre alimentation, mais de nous outiller intellectuellement pour agir selon nos moyens. Ces émissions indiquent diverses pistes d’action aux échelles individuelle et collective, parmi lesquelles des pratiques agricoles qui permettraient de limiter la teneur en cadmium des aliments… dont, vous l’aurez deviné, l’agriculture biologique. Il n’y aurait toutefois pas « de consensus scientifique » sur les bienfaits de la bio par rapport à cette substance cancérogène2, ce qui pourrait être un sujet en soi !

Ne perdons pas espoir : depuis la diffusion de ces émissions en avril, le gouvernement français a annoncé de nouvelles limitations quant au cadmium présent dans certains engrais. Même si, comme le rappelle Camille Dorioz de Foodwatch, cela ne réglera pas le problème d’un coup de baguette magique, puisque ce métal lourd s’accumule dans les sols3 – et dans nos corps4.

→ Deux podcasts à retrouver sur le site de France Culture : « Alerte au cadmium, un métal lourd de conséquences pour la santé » (De cause à effets, le magazine de l’environnement) et « Cadmium : la recherche veille au grain » (La Science, CQFD).

Émilie : « Manuel de survie », Comité invisible, éditions La Fabrique

Je ne vais pas mentir, une partie de mon éveil politique est né avec les premiers textes du Comité invisible : L’insurrection qui vient (2007), À nos amis (2014), Maintenant (2017). Alors, certes, on peut ne pas toujours être d’accord avec les textes du Comité invisible, que ce soit dans le fond ou la forme, et vouloir nuancer la critique acerbe qui y est faite d’une société (et, parfois, des réflexes militantistes qui y ont cours) en déréliction. Pour rappel, dans ses ouvrages, le collectif développe une pensée révolutionnaire inspirée de l’autonomie politique : il ne s’agit pas seulement de dénoncer le système, mais de sortir des logiques de pouvoir existantes et de reconstruire, dès maintenant, des formes de vie collectives, autonomes et solidaires. Le ton y est philosophique, littéraire, provocateur et parfois lyrique, et sa force de frappe en fait, de mon humble avis, l’une de leurs plus grandes forces.

Aussi, sensible aux mots comme aux idées, je suis plutôt heureuse de cette nouvelle publication qui tombe à point nommé. En effet, quoi de mieux qu’un « Manuel de survie » en ces temps troublés ? Le livre prolonge la réflexion politique du Comité invisible autour de la possibilité de survivre à une civilisation qu’il considère comme engagée dans une dynamique d’autodestruction. Il s’intéresse à la manière de préserver sa capacité à vivre, penser et agir au sein d’un monde marqué par les crises écologiques, sociales et politiques. La question n’est plus seulement de savoir comment renverser le système, mais comment se dégager de son emprise, individuellement et collectivement, et inventer des manières de vivre alternatives. Vaste programme !

Marion : Une recette réconfortante pour l’automne

En quête de nouvelles recettes pour varier mes plats et enchantée par le début de la saison des courges, j’ai testé une salade d’épeautre, courges et bleu : un vrai délice ! A faire varier à l’infini avec diverses courges et fromages, en fonction de vos préférences, je compte bien me régaler tout l’hiver avec cette salade, notamment en retour de manif !

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