« Être bio c’est manger des graines et des carottes »

« Être bio c’est manger des graines et des carottes »

Halte aux idées reçues avec Blanche Lafaurie et BioContact !

C’est généralement la pique lancée aux personnes végétariennes, végan, ou qui consomment bio. Non contente d’être passive-agressive, cette phrase est aussi fausse : manger bio n’est pas un régime alimentaire, c’est un mode de consommation – qui peut néanmoins s’accompagner d’un régime végétarien dans un souci de cohérence politique. Nous évoquerons ici les immenses avantages de l’élevage Bio en matière de respect animal et de santé et il s’agira ensuite d’affirmer que, quand bien même ce cliché fut vrai, ce serait loin d’être grave : une telle idée reçue pourrait bien devenir un programme politique individuel !

La Bio s’élève aussi

L’impression d’une Bio essentiellement maraîchère s’explique facilement : campagnes marketing green, logos composés de plantes, imaginaire romantique d’une ferme d’antan où les abeilles butinent en chantant et où poussent de généreux fruits et légumes par les soins d’une fermière en salopette. Éloignée de cette image, la vie la vraie : les élevages bel et bien Bio… Omnivores rassurez-vous, la porte de la consommation Bio vous est aussi ouverte !

Ce type d’élevage prend en compte de nombreux critères parmi lesquels : l’origine des animaux (de naissance Bio, locaux et adaptés aux conditions climatiques du lieu d’élevage) ; leur alimentation (d’origine Bio, en partie issue de l’exploitation elle-même et sans OGM) et la règle d’or Bio question santé : prévenir plutôt que guérir (notamment grâce à une alimentation riche, dense et Bio, par un choix approprié des races, par le respect des conditions de vie animale). S’ajoute à ça l’obligation d’un minimum d’espace sur lequel vivront les bêtes, d’une aération dans les abris, d’une lumière naturelle suffisante1…

Ainsi se développent des élevages plus respectueux, qui donneront une viande riche et de qualité (c’est-à-dire faible en gras saturé et avec des niveaux élevés de vitamines, notamment la E et une quantité supérieure d’antioxydants).

… et quand bien même !

Bien que la production Bio réponde à l’ensemble des régimes alimentaires, il n’en demeure pas moins que correspondre au cliché « mangeur·euses de graines et de carottes » est loin d’être grave : peut-être même est-ce préférable. A condition, bien entendu, d’élargir les carottes à l’ensemble des fruits et légumes. Il est aisé d’observer dans les magasins Bio que ni la viande ni le poisson ne siègent sur le trône et que l’avantage est plutôt donné aux ersatz, aux légumes et aux légumineuses… tout simplement parce qu’il est temps de réduire notre consommation de viande, aussi Bio soit-elle. Les légumineuses peuvent parfaitement assumer le rôle de source de protéines, végétales et accessibles financièrement à un plus grand nombre. Les légumineuses – type soja, lentilles, pois chiches, etc – contiennent le même taux voire davantage de protéines que la viande ou le poisson2. Associées aux céréales, comme c’est souvent le cas, elles remplacent parfaitement la fonction donnée à la viande. Quant aux légumes, que l’on nous somme de manger 5 fois par jour, il n’est plus à prouver leurs bienfaits.

En somme et malgré sa fausseté, si cela permet de dépenser moins et de réduire notre impact environnemental, être une « mangeuse de graines et de carottes » et un cliché que l’on épouserait volontiers !

1 MÉDALE, F., & PENVERN, S. (2024). La nouvelle réglementation de l’élevage bio. Dans : F. Médale, S. Penvern & N. Bareille (Coord.), Numéro spécial : L’élevage biologique : conditions et potentiel de développement, INRAE Productions Animales, 37(2), 8224.

2 https://www.terrevivante.org/contenu/legumineuses-et-sante/?srsltid=AfmBOopKexuKpldZxBrPnPxOFM5PjzXDch-eJARBn67BuV6OfOUu2REm

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