Course ou naufrage ?
Généralisation des appels à projets, introduction
On date des années 2000-2010 l’essor et la généralisation des appels à projets (AAP) comme mode de financement, essentiellement à destination de projets de développement – territorial en général et socio-culturel en particulier. Au financement de base, notamment concernant la recherche, a été privilégié le financement au projet, rendant les places chères et les non-financés nombreux.
Sélectifs, compétitifs, ponctuels et rarement rentables, les AAP sont pourtant devenus les seuls phares d’associations naufragées. La question posée n’est plus “Combien peut-on demander pour financer tel projet existant ?” mais bel et bien “Quel projet peut-on créer pour obtenir tel financement ?”
Ainsi, des associations aux missions sociales, éducatives et citoyennes absolument essentielles doivent se soumettre à un impératif de réinvention permanente… auxquelles est pour autant reproché le “manque de solidité”.
Brève analyse de ce que la course aux appels à projets créé pour le secteur associatif désormais pleinement soumis à des pratiques néolibérales.
La course aux appels à projets comme mode de financement du secteur associatif s’inscrit dans une transformation plus large de l’action publique, et s’ancre pleinement dans la logique néolibérale. L’État ne disparaît pas, il se reconfigure. De financeur stable il devient organisateur de la concurrence pour l’accès aux ressources, et adapte ainsi des logiques de compétition et d’évaluation – issues du marché libéral – à des activités d’intérêt général.
Dans un contexte de désengagement global de l’État et de baisse des subventions de fonctionnement, les associations deviennent dépendantes de ces financements temporaires. Ce modèle les met en concurrence, fragilise les dynamiques de coopération et les incite à adapter leurs actions aux priorités des financeurs, au risque d’une perte d’autonomie et de cohérence dans leurs actions.
Il en résulte inévitablement une précarisation structurelle créant des incertitudes sur la reconduction des financements, un temps consacré à la prospection de ces appels à projets plutôt qu’à la réalisation des missions en elles-mêmes des assos, la multiplication des tâches administratives liées au montage de projets etc. Par ailleurs, l’imposition de critères d’évaluation standardisés et quantitatifs, souvent inadaptés à la nature qualitative du travail associatif, participe également à l’alignement des normes du management privé néolibéral à celles du monde associatif.
Nous pourrions également évoquer l’impact sur le fameux mental des troupes : recherche, espoir, fatigue, confiance, attente… et parfois la déception de n’être pas sélectionné. Le rythme imposé par les appels à projets et les cordes sur lesquelles ils jouent laissent parfois un goût amer.
Le modèle des appels à projets tend donc à transformer les associations en opérateurs soumis à des logiques marchandes, au détriment de leur autonomie, de leur stabilité et de leur capacité à répondre durablement aux besoins sociaux, environnementaux citoyens qu’elles entendent défendre.
Bio Consom’acteurs n’est pas en reste, vous vous en doutez. Aux appels à projets nous voudrions privilégier des financements qui durent dans le temps et non-fléchés, uniques garanties d’une stabilisation et d’une pérennisation de notre association et des gens qu’elle emploie.
Et comme on ne manque pas de transparence, retrouvez ci-dessous notre écosystème de partenaires.Inutile de vous rappeler l’importance que ça a pour Bio Consom’acteurs de ne pas être financée par n’importe qui …

Un grand merci à toutes les structures qui nous soutiennent déjà et merci d’avance à toutes celles qui nous soutiendrons dans le futur et qui partagerons nos objectifs !