Les OGM font leur grand retour… et nous aussi !
Les NTG (les nouveaux OGM) arrivent et méritent qu’on les fauche, eux aussi !
Si vous n’avez pas vu passer l’information malgré la mobilisation de dizaines d’associations depuis des années sur le sujet, rien de surprenant : l’arrivée de ces nouveaux OGM ne semble pas passionner les grands médias. Se préoccuper de votre santé et de votre environnement, c’est surfait… sûrement (pas!) Mais l’histoire se joue, avec ou sans eux, et le 21 avril 2026 les États membres de l’UE ont voté pour la déréglementation des OGM/NTG lors du Conseil de l’UE des Affaires étrangères. Le texte revient maintenant au Parlement européen avant la séance en plénière du 19 mai, dédiée à l’échange et au vote des eurodéputés. Si cette proposition de cadre réglementaire est validée à cette occasion, il pourrait rentrer en application dès 2028.
Dans le détail :
- Les NTG (Nouvelles Techniques Génomiques), ces nouveaux OGM
Un faux débat anime les lobbyistes, qui comme d’habitude parviennent à neutraliser la discussion en faisant une fixette sur ce qui a déjà été traité : les NTG sont-il des nouveaux OGM ? Scoop : Oui
Les intérêts économiques des lobbyistes expliquent la tentative de confusion mais ce débat n’anime qu’eux : les NTG permettent de cibler et modifier des parties spécifiques du génome. Elles peuvent même apporter des mutations impossibles à différencier de mutations naturelles et il existe un risque (faible) d’apparition de mutations non-désirées. En ce sens, elles recoupent la définition européenne des OGM. Il n’y a donc pas de doutes à avoir.
Et si vous n’étiez toujours pas convaincu, un jugement de la Cour de justice de l’Union européenne précise que les organismes issus des nouvelles techniques de mutagenèse doivent être soumis à la directive 2001/18 et doivent par conséquent être considérés comme des OGM dans l’Union européenne.
- Les nouveaux OGM sont-ils dangereux ?
Selon le comité consultatif commun d’éthique de l’INRA, CIRAD et d’Ifremer, “ Les risques associés aux nouvelles techniques d’édition du génome sont pluriels et intriqués entre eux : environnementaux, sanitaires, agricoles, économiques, sociaux et politiques”
Une fois autorisées, ces cultures risqueraient de polluer de façon irréversible les ressources génétiques locales, alors que ce patrimoine constitue aujourd’hui le principal levier d’adaptation de notre agriculture face au dérèglement climatique. En les fragilisant, c’est notre capacité même à faire face aux crises à venir que l’on met en danger.
Ces nouvelles semences sont couvertes par des brevets, créant ainsi une accentuation de la privatisation du vivant, et un risque de monopole du marché de la semence au profit des même entreprises défendus par les lobbyistes que nous citions dans cet article.
De plus les risques sur la santé, les pollinisateurs et sur l’environnement sont nombreux. Pollinis en parle très bien: retrouvez leur note sur le sujet.
Autre problème majeur, la traçabilité. En effet, la réglementation ne prévoit pas un affichage clair pour les consommateur.ices ! Vous êtes prêt.es à manger des OGM sans le savoir ? Pas nous…
… ni les chefs de cuisine, dont certains se soulèvent face à ce risque pour préserver la diversité et la traçabilité de nos assiettes (cf article de la France Agricole)
La filière bio est également directement impactée par cette absence de traçabilité et de détection des NTG. Ne pas pouvoir identifier les NTG fait peser un risque sur l’approvisionnement en bio. Selon Tyler Arbour (IFOAM Europe) dans un article de Reporterre : « [la proposition européenne] n’impose aucune obligation de déclaration aux fabricants de NGT de catégorie 1, ni même les conditions pour les entreprises qui souhaiteraient le faire » , « Pour Ifoam, c’est une préoccupation majeure d’arriver à pousser des règles plus exigeantes, sur la base de la réglementation actuelle des OGM : obligation de traçabilité et d’étiquetage, et divulgation des informations industrielles nécessaires à la détection des NGT. »
Une grande partie des nouveaux OGM ne sera plus soumise à des obligations strictes d’évaluation, de traçabilité et d’étiquetage. C’est un retour à la culture d’OGM. Il ne manque plus que les faucheurs et les faucheuses volontaires ?
Il reste peu de temps pour agir !
Signez et partagez la pétition d’interpellation déjà signée par plus de 42 000 personnes :