Les recos bio de février

Nos « on a aimé » du mois !

Blanche – Résistances surréalistes, de Léa Nicolas-Teboul, éditions Terres de feu

Entre les municipales 2026 et les campagnes présidentielles 2027, l’année que nous entamons s’annonce pour le moins angoissante et mouvementée. Depuis plusieurs années, nous sommes témoins de la (re)montée des fachismes, dans différents pays dont le notre. Des fachismes aux multiples visages, qui mêlent ultra-libéralisme et conservatisme délirant, régression sociale et technosolutionnisme, le tout venant appuyer des discours ultra-autoritaires, sécuritaires donc racistes.

Dans ce contexte, tout est bon à prendre et de nombreuses lectures se révèlent inspirantes : Résistances surréalistes, Claude Cahun et la Main à plume est de celles-ci.

L’autrice retrace les vies militantes et artistiques de plusieurs groupes surréalistes avant, pendant et après la Seconde Guerre Mondiale. Ces groupes interrogent en permanence leurs pratiques artistiques, effectuent des retours sur soi réguliers et cherchent à être au plus proches de leurs idées, mettant l’art au service, non seulement de la résistance, mais de l’identité et de l’origine personnelle, le tout formant une grande lutte aussi individuelle que collective. L’ouvrage repose notamment sur Moore et Cahun, un couple d’artistes/écrivaines/performeuses exilées à Jersey. Pendant l’Occupation, elles créeront Le Soldat sans nom, une figure imaginaire qu’elles utilisent pour semer le doute, voire la panique, dans les troupes de la Wehrmacht qui occupe l’île. Collages, peintures, écriture, parodie de chanson, installations : c’est sous toutes les formes possibles que Le Soldat sans nom s’exprime, dénonce, condamne et invite les autres soldats à déserter et à se retourner contre Hitler et ses tentacules. En France, dans un Paris sous occupation, les membres de la revue La Main à plume s’évertuent à construire un récit de la résistance, par l’art et surtout par sa déconstruction, pierre après pierre, figure après figure. Cet ouvrage témoigne d’un mariage abrasif entre l’art et la lutte, et invite à penser collectivement les formes que devront prendre nos propres résistances…

Résistances surréalistes, aux éditions Terres de Feu.

Julien – Les Chroniques de Saint-Roustan – T01 Lundi gras

Pourquoi ce choix éloigné des problématiques alimentaires et agricoles, me direz-vous ? Alors que les municipales approchent, le lien me paraît pourtant évident. Les choix de nos futur.es Maires détermineront notre quotidien. Malgré la coupe des financements, l’échelle municipale reste celle où des actions concrètes peuvent être réalisées, comme par exemple la mise en place de cantines bio, locales et équitables… c’est également l’échelle où nous pouvons lutter contre les directives nationales absurdes, celles d’aujourd’hui comme celles de demain.

Il faut être amateur du dixième degré pour apprécier cette BD et y détecter le regard porté sur nos communes. A Saint-Rostan, l’absurde est illustré, incarné par « une ville qui n’existe pas, mais qui ressemble pourtant à tant d’autres, avec ses traditions, ses célébrations, et certains habitants décalés voire complètement détraqués… »

Cette adaptation en bande dessinée des chroniques de Pierre-Emmanuel Barré sur radio Nova illustre une succession de scènes, on découvre ainsi des fêtes improbables, des décisions municipales discutables et surtout une population qui repousse les limites du bon sens. C’est très grinçant et sans filtre, mais c’est un très bon miroir pour pointer du doigt les travers des élu.es et de leurs administré.es.

Julie – « L’agriculture au pied du mur », Alternatives économiques

L’agriculture au pied du mur d’Alternatives Économiques propose une analyse approfondie et très éclairante des impasses du modèle agricole productiviste.

Ce numéro met en lumière les liens entre pauvreté du monde agricole, inégalités sociales, atteintes aux écosystèmes et enjeux de santé publique. J’ai trouvé particulièrement intéressant le développement autour de l’agroécologie, présentée non pas comme une utopie, mais comme une alternative crédible, à condition d’accepter des transformations profondes de nos régimes alimentaires et de notre organisation socio-économique.

Ce numéro invite à penser collectivement l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation et le partage des richesses. Pour toutes ces raisons, je recommande vivement de l’acheter et de le lire attentivement.

Disponible en kiosque !

JB – Le chant des forêts, un film de Vincent Munier

Laissez vous guider au cœur des Vosges avec Le Chant des forêts, le nouveau film de Vincent Munier.

Loin du documentaire animalier classique, ce film magnifique propose une immersion lente et contemplative dans une nature toute proche de nous. Aux côtés de son père et de son fils, le réalisateur transmet un savoir précieux, apprendre à se taire, observer, attendre, puis s’émerveiller. Cerfs, renards, oiseaux rares et lynx apparaissent au fil des saisons devant l’objectif de sa caméra, et la forêt révèle toute la richesse et la fragilité du vivant.

Sans discours appuyé, le film évoque pourtant l’essentiel : la disparition d’espèces, les effets du réchauffement climatique et la transformation des paysages. Il rappelle surtout que protéger la biodiversité commence par l’attention qu’on lui porte.

Une ode à la transmission, à la patience et au lien sensible à la nature, qui donne envie de sortir marcher et de regarder autrement le monde autour de nous.

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