Thomas Gibert

Thomas Gibert

Maraîcher en Haute-Vienne et porte-parole de la Confédération paysanne, Thomas Gibert incarne une génération d’agriculteur.ices qui refuse de choisir entre produire des aliments, protéger le vivant et défendre la justice sociale. Son engagement ne se limite pas aux champs : il se joue aussi dans l’espace public, là où se négocient les règles qui devraient dessiner nos assiettes.

Chez lui, le syndicalisme part du terrain, celui du prix payé aux producteur.ices, des dettes, des inquiétudes pour l’avenir. Une expérience matérielle et professionnelle qui nourrit une parole claire, ancrée dans le réel.

Du champ à la parole collective

Installé en polyculture élevage, Thomas Gibert connaît les contraintes quotidiennes du métier. Les marges serrées, la dépendance aux marchés mondiaux, la difficulté à transmettre ou à s’installer. À rebours d’une agriculture industrialisée et tournée vers l’export, il défend un modèle paysan à taille humaine, capable de faire vivre celles et ceux qui produisent.

Au sein de la Confédération paysanne, il porte cette voix dans les mobilisations et les débats nationaux. Il y questionne le libre-échange, les accords commerciaux et les politiques publiques qui mettent les fermes en concurrence permanente. Selon lui, cette course au moins-disant social et environnemental fragilise autant les paysan·nes que les écosystèmes.

Défendre le vivant, défendre les paysan·nes

Ses positions sont toutes traversées par une certitude qu’il transforme en combat : on ne préservera ni la biodiversité ni notre santé sans des fermes plurielles en nombre et dans leurs diversités et ancrées dans les territoires.

Moins de concentration, plus de diversité. Moins d’animaux entassés, plus d’équilibres naturels. Cette vision rejoint celle que nous défendons à Bio Consom’acteurs quand nous parlons « d’alimentation durable ». Derrière les produits, il y a un paysage, des sols, des insectes, des haies, des personnes.

Thomas Gibert rappelle que l’élevage paysan, par sa diversité génétique et ses pratiques moins intensives, est souvent plus résilient face aux crises sanitaires et climatiques. Là où l’industrialisation fragilise, le vivant retrouve sa capacité d’adaptation.

Une autre boussole

Dans un contexte de colère agricole et de perte de sens, sa parole tranche avec les discours productivistes. Loin de la doxa dominante qui souhaite toujours plus de volume ou plus d’exportations, Thomas Gibert s’intéresse davantage aux enjeux qui touchent vraiment les producteur.ices et parle de revenu digne, de relocalisation, de souveraineté alimentaire, de liens entre producteurs et habitants. Une agriculture qui nourrit d’abord les territoires avant les marchés financiers.

Cette cohérence entre pratique et engagement en fait, pour nous, une figure inspirante. Elle est le rappel d’une lutte qui ne peut être que collective et qui dépasse largement les actions individuelles – louables et vertueuses mais hélas inutiles.

Partager

À votre tour, contribuez à écrire notre histoire collective !

Envoyez-nous vos textes, vos articles, partagez vos points de vue sur les sujets qui vous animent !

Articles liés