Vers les municipales et au-delà
Chers lecteurs, chères lectrices,
Nous vous disions dans notre dernier édito “En 2026, jouons-la collectif” : ça n’est pas une bonne intention parmi d’autres, mais une nécessité. Le milieu associatif est attaqué, la baisse des financements publics créé déjà une onde de choc et des plans sociaux partout en France. La bio est menacée, reléguée alors que les victoires de l’agro-industrie sont nombreuses : Omnibus 7, nouveaux OGM, loi Duplomb, Hexane, Mercosur… Le gouvernement et son donneur d’ordre, la FNSEA, agissent à court terme et au détriment du climat et des paysan·nes… l’abattage de masse en est l’illustration.
La tempête ne fait que commencer. Ne fermons pas les yeux, l’arrivée fortement probable de l’extrême-droite préfigure la fin des miettes que nous défendons encore. Le milieu associatif aurait à jouer son rôle de contre-pouvoir, mais à condition de se coaliser et de survivre avant les attaques finales. Aujourd’hui, nous en sommes très loin. Beaucoup, et c’est humain, défendent leurs uniques projets et leurs actions. Nous n’avons plus le loisir de nous réfugier comme depuis 30 ans derrière du pseudo-militantisme qui ne révèle que l’aseptisation de notre milieu.
Jouer collectif ou mourir séparément donc, mais se joue également la transition dans nos territoires, dans les cantines, dans nos assiettes, dans nos champs. La bataille est loin d’être perdue, car les élu·es locaux peuvent agir, peuvent choisir une alimentation et une agriculture saine, durable et accessible à toutes et tous. Ils sont même la clé pour agir aujourd’hui et résister demain. Encore faut-il qu’ils soient outillé·es, qu’ils soient conscient·es des enjeux et qu’ils soient en mesure de compter sur un réseau associatif et économique capable d’agir en synergie. Oui manger 100% bio sans payer plus est possible dans les cantines (même en payant moins ! Même en ne payant rien !).
C’est tout l’enjeu des municipales qui approchent : comment sensibiliser et outiller les futur·es élu·es ? Avec Bio Consom’acteurs, nous contribuons à cette problématique en organisant des temps d’échanges avec les listes, des débats public à l’occasion de notre tour de France et surtout en considérant, quoi qu’il arrive, que cette transition passe par une action commune des acteurs et actrices de la Bio, de l’éducation populaire et du Commerce Équitable.
Les maires ont du pouvoir et peuvent être à l’origine d’un revirement social, d’un basculement nécessaire vers des pratiques territoriales respectueuses et solidaires. En voici quelques-unes :
- Financer la formation des chefs de restauration collective pour une cuisine végétalisée, faite maison, de qualité et respectueuse du vivant
- Soutenir les acteurs et actrices issu·es de l’éducation populaire pour sensibiliser tous les publics aux enjeux agricoles et alimentaires ! Penser l’éducation permanente pour lutter tous et toutes ensemble !
- Structurer les filières de l’amont à l’aval grâce à un consortium d’expert·es : BCA, FNAB, CEF, SCIC Nourrir l’avenir
- Limiter l’implantation de nouvelles grandes surfaces et privilégier les relations commerciales équitables dans ses marchés publics
- En finir avec les cuisines centrales et favoriser les cuisines autonomes
Ces mesures sont entre les mains des futures maires. Défendons-les ensemble !