Philippe Pointereau fait le point

Philippe Pointereau fait le point

Philippe Pointereau est agronome et naturaliste, membre fondateur de Solagro et co-scénariste du scénario de transition agricole et alimentaire Afterres2050. Il est engagé de longue date dans les mouvements associatifs et préside aujourd’hui la Fondation Terre de Liens ainsi que le conseil de l’Institut Agro Campus de Florac.

Ce mois-ci Philippe Pointereau partage – avec celles et ceux qui veulent bien l’écouter – deux nouvelles publications : un article dans Alternatives Economiques et un livre, publié aux éditions Utopia.

Ce dernier s’intitule Changer le monde à chaque repas, un nouveau pacte entre agriculteurs et citoyens et vient de paraître aux Éditions Utopia. En partant des constats que nous faisons depuis deux ans, Philippe Pointereau réaffirme que la transition de notre agriculture est souhaitable, indispensable et possible. Oui on peut changer le monde à chaque repas en portant une vraie attention à ce que l’on mange.

Ce livre permet de comprendre, de questionner et d’imaginer le monde dans lequel nous vivons et celui dans lequel nous voudrions vivre. Une invitation à regarder en face les défis immenses qui se dressent devant nous, mais aussi à reconnaître la force des solutions déjà à portée de main. Elles doivent être diverses, locales et élaborées avec celles et ceux qui cultivent la terre et qui nourrissent nos populations. Ce livre ne donne pas de leçons, il invite à la réflexion, au dialogue et à l’action. Et c’est là sa plus grande force.

Quant à son article, Les problèmes de revenu des agriculteurs ont d’autres causes que les normes environnementales”, il poste la question, du revenu des exploitant.es, du détricotage des lois environnementales et de la pression mise par les syndicats de droite et d’extrême-droite (la FNSEA et la Coordination rurale). Le problème de revenus des exploitants et exploitantes agricoles es-il lié, vraiment, aux normes environnementales qui font aujourd’hui face à un laxisme assassin ?

Les inégalités de revenu entre les grandes et les petites fermes proviennent avant tout des écarts de productivité liés à la mécanisation, de soutiens de la PAC généralement plus importants, voire de prix négociés plus élevés.”

Au final les grands gagnants de l’abaissement des normes environnementales sont les grandes exploitations, qui tirent leur épingle du jeu au détriment des fermes petites et moyennes. Et bien entendu les entreprises de l’amont qui continuent de vendre massivement des pesticides et des engrais chimiques.”

Les agriculteurs qui veulent faire reculer les normes en faveur de la biodiversité et d’une meilleure gestion des intrants au lieu de les renforcer se trompent de cible. Mais cela leur évite de remettre en cause le modèle économique actuel basé avant tout sur la spécialisation des exploitations, leur agrandissement et la mondialisation des marchés agricoles.”

Nous vous invitons à lire son article ici !

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