Agriculture et alimentation: qu’en disent les étudiant.es incrit.es à notre concours d’éloquence?
Dans le cadre du concours d’éloquence 2026, que l’on ne vous présente plus, des dizaines de textes militants nous sont parvenus, et nous vous proposons de les parcourir ensemble. Ces discours écrits par les inscrit.es au concours d’éloquence étaient l’occasion pour elles et eux de faire valoir leurs visions d’une agriculture et d’une alimentation saines, respectueuses et durables.
Pour asseoir la pertinence de ce projet nous avons tenu à l’inscrire dans le contexte électoral que nous connaissons. Ainsi, ces étudiant.es avaient pour consigne de s’adresser à des élu.es.
Les participant.es au parcours avaient été formé.es par Bio Consom’acteurs et par Fair(e) un monde équitable, et avaient également accès à un grand nombre de ressources pour construire et enrichir leurs écrits.
Beaucoup se sont intéressé.es à l’enjeu d’accessibilité, pointant du doigt l’insécurité alimentaire des étudiant.es et l’immobilité des pouvoirs publics.
Nous avons sélectionné quelques passages pour partager avec vous leurs préoccupations et leurs revendications… et le reste est à venir, on vous réserve des belles surprises !
“J’ai un copain qui s’appelle Maxime. Maxime, il a pas beaucoup de sous mais normalement, ça va. Maxime, pour la première fois, il nous a demandé à nous, sa bande de copaines, de l’argent pour s’acheter à manger et des adresses de distributions alimentaires. Comme 7 millions de personnes, et de plus en plus chaque année, Maxime a eu besoin de l’aide sociale pour manger.”
Chiara
“Révoltant, dans un pays qui se proclame dominant, ou 1/3 de nos concitoyens sombrent dans l’insécurité alimentaire, dans une fracture sociale qui s’aggrave. Plus révoltant encore, 23% des enfants et adolescents âgés de 6 à 18 ans ne mangent même pas trois repas par jour, selon l’INRA. Mais rassurons-nous, tout n’est pas silence ni résignation, des voix s’élèvent. (…) Rompons, ici et maintenant. Nommons l’hydre de l’industrie chimique et de la redistribution, affrontons-la avec détermination et lucidité. Réveillons notre indignation non comme une colère passagère, mais comme une exigence morale qui doit redevenir un réflexe, la mémoire doit être une arme et l’action notre obligation. En clair, ne plus consentir, ne plus détourner le regard, mais agir. L’heure n’est plus à l’attente, mais à l’engagement.”
Hippolyte
“En tant que futur acteur local, je suis fermement persuadé que les collectivités territoriales ont le pouvoir de provoquer la transformation. Des solutions sont disponibles. Promouvoir l’approvisionnement local et écoresponsable dans la restauration collective contribue à appuyer les producteurs tout en rehaussant la qualité des plats. L’ADEME préconise de lutter contre le gaspillage par des évaluations, la formation du personnel et la répartition des surplus, soulignant que c’est un moyen immédiat d’efficacité. Il est aussi crucial de mettre des fonds dans des actions de sensibilisation. D’après l’Organisation mondiale de la santé, une diète plus équilibrée diminue considérablement les maladies chroniques associées à la nutrition. Les habitudes peuvent être durablement modifiées par des initiatives telles que les ateliers éducatifs, les actions de citoyenneté et les programmes alimentaires locaux”
Sakia George
“L’engagement dans une alimentation durable, ce n’est pas une contrainte dans un cahier des charges. Ce sont des opportunités. La chance de faire d’une pierre 10 coups : améliorer la qualité alimentaire, soutenir les agriculteurs, économiser les ressources, garantir notre sécurité alimentaire, éveiller nos sens à la nature. Agir maintenant, c’est donner l’espoir aux générations futures d’avoir alimentation qui respectera enfin la planète et la santé.”
Jean
Beaucoup de ces textes sont allés au-delà de nos attentes formelles, et les participant.es ont parlé avec le cœur, avec l’émotion, certain.es avec le ventre vide, ou le souvenir de ce dernier…
“Et pourtant, malgré ces chiffres, malgré ces constats, ce discours n’est
pas là pour accuser.
Il est là pour rappeler une chose essentielle : ce système, nous l’avons
construit.
Et donc, nous pouvons le transformer.
On nous dit souvent que manger mieux est compliqué.
Que cela coûte plus cher.
Que ce n’est pas à la portée de tout le monde.
Mais ce qui est vraiment coûteux,
Ce sont les maladies liées à une mauvaise alimentation.
Ce sont les agriculteurs qui abandonnent leur métier faute de revenus
dignes.
Ce sont les enfants qui grandissent sans repères alimentaires, sans
transmission, sans équilibre.
Et puis il y a les territoires qu’on regarde trop peu.
Ceux dont on parle seulement quand la situation devient critique.
Moi, je viens de Mayotte.
C’est mon île d’origine.
À Mayotte, manger n’est pas toujours une certitude.
La question n’est pas seulement :
« Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? »
Mais parfois :
« Est-ce qu’on mangera ce soir ? »
Là-bas, l’alimentation dépend presque entièrement de l’extérieur.
Alors à la moindre crise, tout vacille”
Layla