Quand Claire Nouvian passe, lobbies et fachistes trépassent

Quand Claire Nouvian passe, lobbies et fachistes trépassent

Claire Nouvian s’impose comme une célèbre figure de l’activisme écologique et du militantisme environnemental. En 2005, elle fonde l’ONG Bloom, qui vise à défendre les océans et le climat. S’en suit une série de victoires, comme l’interdiction de découper les ailerons de requins dans l’enceinte de l’Union Européenne (2013), l’interdiction du chalutage en eaux profondes (2016) l’interdiction de la pêche électrique (2019) ou encore, plus récemment, l’abandon de deux projets gaziers offshore menés par TotalEnegies.

Évidemment, ces victoires ne sont pas uniquement dues à Claire Nouvian, qui s’appuie sur une base importante de militant.es, mais elle est l’incarnation de Bloom.

Son activisme est salué et, en 2018, elle reçoit le prix Goldman pour l’environnement. Incisive, intelligente, accessible et déterminée, Claire Nouvian intervient partout, tout le temps, et ne ploie pas sous les menaces et les attaques répétées de celles et ceux qui font du vide et de l’intox leur matière première.

Pour raconter Claire Nouvian, de nombreux parcours sont empruntables, et nous ne pourrons pas en faire le tour… on vous présente trois casquettes de cette figure d’inspiration :

Abysses, du livre à l’exposition

C’est en 2001 que commence son odyssée de l’espèce sous-marine, alors qu’elle faisait des repérages pour un film. Elle tombe devant des clichés spectaculaires d’animaux sous-marins et entreprend la réalisation d’un projet d’ampleur et de contenu aussi exceptionnels qu’inédits. Pendant trois ans, avec la collaboration de chercheurs et chercheuses du monde entier, elle récolte des photographies à couper le souffle, prises par quelques rares robots capables de plonger à 6 000 mètres sous l’eau. Un monde, le monde, s’ouvre à nous bras ouverts et nous plongeons à notre tour dans ces abysses sur lesquelles, parfois, nous flottons ou naviguons. On dit souvent se sentir tout petit.es face à l’immensité de certains immeubles ou face à l’infini de l’univers, on le dit tellement que c’en est devenu une ironie, une phrase passe-partout… Feuilleter le livre de Claire Nouvian ou se promener dans l’exposition nous fait nous y reprendre à deux fois : notre petitesse se situe dans l’ignorance – qui flirte avec l’indifférence – de ce qui se passe dans les fonds marins. Cet ouvrage ouvre nos horizons, nous remet à notre place, et nous permet d’appréhender un peu plus et un peu mieux la beauté et la richesse des abysses. Tentacules fluorescentes, pluies d’étoiles, œil moqueur, les espèces présentées évoquent un monde hors du temps, intouchable, à mi-chemin entre le recueil de poème et la science-fiction. Un monde qu’il s’agit de faire connaître. Alors, sous sa casquette de commissaire d’exposition, Claire Nouvian fait voyager son œuvre à travers une exposition internationale qui traverse les océans qui ont permis sa réalisation, une exposition immersive dont on sort petit.es, tout petit.es, et émerveillé.es.

Intermarché, tous unis contre la vie et puis c’est tout.

A la tête de Bloom, Claire Nouvian ne lâche pas d’une semelle le géant de la pêche, dont la flotte (la Scapêche) « exploite surtout de nombreux navires qui déploient la méthode de pêche la plus destructrice d’entre toutes : le chalutage », nous dit-elle dans un post Instagram. En 2012, l’association Bloom fait interdire une publicité des Mousquetaires-Intermarchés qui promouvait, en toute malhonnêteté les bienfaits et les vertus de la Scapêche… signant un abus de confiance que Bloom leur a fait payer devant un tribunal. Les chalutiers d’Intermarché « pulvérisaient quotidiennement les écosystèmes multimillénaires et extrêmement fragiles des grandes profondeurs de façon irréversibles. »

En décembre 2025, la publicité « Le Loup mal aimé » pousse Bloom à porter plainte contre le groupe de distribution auprès du Jury de déontologie publicitaire. Ce court film met en scène un loup triste, que personne n’aime et que tout le monde fuit. Il représente une menace pour les petites bêtes de la forêt et, grosso modo, il a pas de potes. Alors il se démène pour être accepté et quoi de mieux que de devenir végétarien ? Ainsi il ne sera plus perçu comme le terrifiant prédateur des bois et forêts ! Oui, mais… Intermarché place ses produits, et contredit le végétarisme… en faisant pêcher le loup ! Il trompe ainsi, de nouveau, le consommateur en associant les régimes végétariens à la consommation de poisson (rappelons au cas où qu’une personne végétarienne ne mange aucune chair animale) ce qui lui vaudra de retrouver Bloom. On vous invite à aller lire l’analyse, méthodique et rigoureuse de Claire Nouvian et de Bloom sur cette polémique encore chaude.

Place publique, l’expérience d’une impuissance

En 2018, aux côtés notamment de Raphaël Glucksmann et d’Aurore Lalucq, Claire Nivian cofonde Place publique, un parti politique qu’elle souhaite différent, sincère, intelligent. Alliance avec le PS, dans l’opposition avec LFI, prétendant fonctionner démocratiquement et avec les citoyen.nes, le parti rencontre pourtant des problèmes de… leadership ! C’est donc en 2019, 1 an après sa création, que Claire Nouvian claque la porte de PP, avec grand bruit et fracas, faisant résonner son dégoût des « petits intrigants formés à l’école du vice » et autres « arrivistes » : l’activiste écologiste refuse le monde politique et se dédie au monde militant, engagé et courageux et rappelle au cours d’un entretien avec l’Obs que « Quand les dégoûtés partent, il ne reste plus que les dégoûtants ». Suivez mon regard

Sincère et intuitive, intelligente et sensible, son sens du devoir n’a d’égal que son sens moral, son courage que son éloquence. C’est ici qu’on a besoin de Claire Nouvian, en tant que militante, imperméable aux séductions vicieuses des politicien.nes, droite dans ses bottes, en défenseuse implacable des océans.

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