C’est un au-revoir, presqu’un rendez-vous !

C’est un au-revoir

Notre chargée de rédaction quitte le navire (mais pas la bataille) ! Cet édito lui donne un espace pour revenir sur ses années passées avec nous – et avec vous.

Cher.e lecteur.ice,

Après deux ans passés chez Bio Consom’acteurs je quitte l’association (le coeur un peu lourd) pour d’autres aventures professionnelles. Avant de partir, je tiens à revenir sur ces années qui ont été très riches et au cours desquelles j’ai pris pleinement conscience de l’importance d’une équipe – et du niveau d’engagement des missions. J’ai eu la chance immense d’être entourée des bonnes personnes pour réaliser un travail ambitieux et militant à la hauteur des urgences sociales et environnementales.

J’ai rejoint Bio Consom’acteurs au poste de chargée de mission éducative en mai 2024, après des recherches en cinéma et diverses expériences professionnelles (professeure à domicile, libraire, assistante d’éducation, serveuse…). Je ne vais pas vous mentir : je débarquais un peu. Auto-formée sur les questions environnementales, quelques expériences de communautés autogérées, de (très !) nombreuses lectures et beaucoup de rencontres m’avaient permis de construire un solide bagage culturel et théorique, mais je n’étais ni agricultrice ni chercheuse sur le sujet… Un syndrome de l’imposteure immédiatement contenu par Julien et Marion, qui m’accueillirent bras ouverts dans les locaux de Montreuil.

Assez rapidement, mes missions ont pris la forme qui me correspondait le mieux : celle de chargée de rédaction et de contenus éditoriaux. Ainsi j’ai rapidement coordonné la newsletter, produit les contenus de l’association, me suis lancée dans les demandes de financement, ai mené des projets éditoriaux et suis devenue un soutien (inébranlable paraît-il) du pôle communication. Je crois qu’intégrer une association où le travail s’adapte à la personne plutôt que l’inverse a été très apaisant – même carrément valorisant. On a vraiment tenu compte de mes compétences et de mes envies, ce qui se ressent nécessairement dans le travail, l’énergie que l’on y met et l’humeur générale.

Deux grands projets ont rythmé ces années – et se sont révélés structurants pour moi (et pour l’association) ; j’aimerais vous en faire un petit retour personnel.

Les bouchées doubles

Il m’a été demandé de coordonner l’ouvrage collectif Les bouchées doubles, qui réunit 24 textes d’acteurs et d’actrices de la défense environnementales qui oeuvrent quotidiennement en faveur d’une agriculture et d’une alimentation justes, saines et respectueuses. Soutenue par la maison d’édition Rue de l’échiquier, j’ai été plongée dans le milieu éditorial et cette expérience reste gravée – et me sera probablement très utile dans le futur.

Bien entendu, tout n’a pas toujours été facile, il y a eu des moments de rush, de travail intense mais c’était le prix à payer pour produire, in fine, un ouvrage qui structure l’association et qui permet de visibiliser la lutte et les personnes qui la mènent. Ce qui m’a le plus plu, c’est la pleine confiance qui m’a été accordée dans la gestion et la réalisation de ce projet. J’ai toujours eu un rapport désaffecté au travail, ce n’est pas un endroit que j’engage émotionnellement, mais je ne vais pas vous cacher qu’à la réception des premiers exemplaires (nous prenions un apéro en équipe à Poitiers) j’ai été très excitée (carrément émue ? L’histoire ne le dit pas…) Le travail que je fournissais depuis des mois était dans mes mains. J’avais besoin d’un projet similaire, moins ambitieux, moins cher et plus incarné, ainsi est né…

le Cahier d’activi’terre

Ce projet a indéniablement été mon préféré, tant dans la forme que dans le contenu. Il est indétrônable. Pour tout vous dire, je caressais depuis quelques temps le projet personnel de créer un magazine d’actualité politique pour enfants. En ce sens, qu’on me laisse créer le Cahier d’activi’Terre a été un tremplin inespéré et m’a permis de mener un projet similaire du début à la fin, avec le soutien d’une équipe exceptionnelle et notamment de Julie, co-créatrice et binôme, et mes testeur.euses adoré.es : Marion, JB et Julien.

Pour moi, ce cahier est le mariage parfait de la pédagogie, de la rédaction et de l’engagement, et je suis vraiment contente de laisser cette trace de mon passage.

Je ne vais pas davantage m’étendre sur les projets, et si je devais ne retenir qu’une seule chose ce serait que j’ai pu travailler pour une cause juste et mettre mes compétences au service d’un mot d’ordre politique essentiel : la défense de l’environnement et l’accès à une alimentation Bio et de qualité pour toutes et tous. Si ces combats sont loin d’être terminés (encore plus loin d’être gagnés), ils occupent une place de plus en plus importante et fédèrent un grand nombre d’acteurs et d’actrices du secteur associatif – mais aussi un nombre toujours plus important de citoyen.nes engagé.es ! Je suis contente d’avoir participé, à mon échelle de fourmi, à ce grand combat.

C’est aussi parce que ce dernier doit être mené par tout le monde que je reste bénévole auprès de cette association (et aussi parce que je ne sais pas dire au revoir). Vous avez bien entendu, je pars mais je reste ! Tous les mois, je serai la plume, pour Bio Consom’acteurs, d’une nouvelle rubrique du magazine Biocontact pour débunker les idées reçues autour de la Bio.

Enfin, et je finis là-dessus, derrière Bio Consom’acteurs se trouvent des personnes gentilles, drôles, intelligentes et engagées avec lesquelles j’ai eu autant de plaisir à travailler qu’à boire des verres. Je ne répéterai jamais assez à quel point je suis heureuse d’avoir rencontré ces collègues – qui sont dorénavant mes ami.es, ni à quel point ils et elles vont me manquer (je sais, j’en fais beaucoup pour un adieu qui est en fait un à bientôt)

Merci pour tout le travail en commun, pour les Newsletters qu’on gérait façon New York Time, pour les ateliers imaginés et animés ensemble, pour les journées équipes, mais merci surtout pour les montages photos, les traversées de Paris à vélo, les déjeuners à la pizzeria, les terrasses, les playlists, les permissions de coups de gueule, les mots-fléchés sur le canapé, les nuits en auberge, les interruptions téléphoniques forcées (parce qu’Apple considère que 2h de coup de fil c’est trop…) ; merci d’avoir (presque) toujours ri à mes blagues et de m’avoir écoutée être excitée et parfois très très énervée (parce qu’on va pas se mentir, on se fait quand même marcher dessus par des c*ns, j’ai nommé Laurent Duplomb). Je pardonne les censures quand je m’emballais un peu trop contre le gouvernement. Personne n’en saura jamais rien.

Voilà. Je sens que je tombe dans un effet “discours de Cannes” et je m’arrête, avant de remercier ma mère pour les mots et le réalisateur pour son super univers.

Bonne continuation chers lecteurs et chères lectrices, merci de nous lire et de nous soutenir,

Vous êtes entre de (très) bonnes mains.

Blanche

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